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Mise à jour le 29/11/2014 à 10:50

Les sanctions d'un point de vue pédagogique



Les sanctions : des mesures de responsabilisation

 

La sanction rentre pleinement dans le processus éducatif.

 

En effet, l'élève, surtout adolescent, se construit dans la confrontation aux limites et parfois dans leur transgression. La sanction doit lui permettre de continuer son évolution et d'apprendre des comportements nouveaux et plus adaptés. Une sanction efficace sera celle qui permettra au jeune de prendre conscience de son comportement et qui lui donnera des pistes pour évoluer.

 

Rappelons que la sanction s'applique à l'acte, ou à un comportement général lorsque les transgressions sont répétitives, et non à la personne. En sanctionnant, l'équipe éducative marque sa réprobation d'un comportement, et non un rejet de l'élève lui-même.

 

Enfin, la notion de réparation est indissociable de la notion de responsabilité personnelle. Celui qui manifeste le désir de réparer est en position de responsabilité par rapport à ses actes : il les reconnaît, il les assume au point de souhaiter, dans la mesure du possible, en annuler les conséquences. C'est aussi un signe en direction de la victime ou tout simplement un geste de bonne volonté pour signifier que l'auteur de l'acte fautif entend rester membre d'un groupe.

 

 

Comment sanctionner ?

 

Il importe que la transgression soit toujours constatée : l'adulte responsable dit qu'il l'a vue, annonce qu'il la réprouve et prévient qu'une sanction arrive.

 

Ensuite, vient la référence à la loi ou à la règle transgressée. Cette référence est essentielle. C'est parce qu'un comportement a été réglé par une loi ou une règle que le non-respect de ce comportement constitue une transgression à la loi ou à la règle. Et c'est dans ces conditions qu'une sanction peut être prévue et appliquée.

 

Pour qu'une sanction soit éducative, elle doit être

  • juste,
  • proportionnée à la transgression,
  • adaptée à l'enfant et à la situation,
  • cohérente,
  • individuelle et non collective,
  • explicitée, reliée clairement et directement à la transgression,
  • appliquée et non seulement annoncée,
  • appliquée dans un délai assez court par rapport à la transgression.

 

Par ailleurs, cela est évident mais il est parfois utile de rappeler l'évidence : aucune sanction ne devrait être donnée sous le coup de la colère, ni avoir comme conséquence d'humilier.

 

De plus, il est interdit de punir deux fois pour le même fait (cf. supra): le cumul de sanctions est donc à rejeter au profit d'un choix judicieux de la sanction.

 

Toute sanction est explicitée, reliée clairement et directement à la transgression : l'adulte dit quel acte il sanctionne et à quelle règle il se réfère.

 

L'édiction d'une sanction n'exclut nullement l'écoute bienveillante du ressenti.

 

L'équipe éducative veillera à choisir une sanction dans le champ de la transgression. Il est en outre interdit de sanctionner sur un plan scolaire un comportement transgresseur.

 

Exemple : par un zéro dans un cours ou à la cote du mois, sauf le cas où la transgression touche directement à l'évaluation concernée (absence injustifiée, perturbation, tricherie).

 

Il faut aussi, dans la mesure du possible, accompagner la qualité d'exécution de la sanction ou de la réparation. Cette démarche est importante. Si celle-ci ne peut être mise en œuvre, il est préférable de ne pas sanctionner (perte de crédibilité).

 

De plus, des efforts devraient être déployés pour restaurer l'élève dans son statut et dans ses rôles lorsqu'il a accompli sa sanction. Autrement dit, il convient de ne plus revenir sur les faits une fois la sanction accomplie.

 

Enfin, à côté des sanctions purement disciplinaires, d'autres types de sanctions peuvent être envisagées : travail d'intérêt général, travail de réflexion, sensibilisation, réparation, ...

 

Le travail éducatif autour d'un incident dont il est question ici peut opportunément mobiliser les agents du CPMS, du Service de médiation scolaire ou des équipes mobiles.

 


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